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Rapport trimestriel – Nov 2014

Rapport trimestriel Volcafe Novembre 2014

I. PRODUCTION

Brésil

Le volume de la récolte brésilienne de 2015 nous semble raisonnablement impossible à chiffrer à ce stade. Ainsi, sachant que ce volume est la principale variable à connaître pour pouvoir déterminer l’orientation des prix pour l’année suivante, force est de reconnaître l’extrême incertitude qui plane actuellement sur le marché concernant les paramètres fondamentaux pour 2015-2016. Cette incertitude et le risque qui l’accompagne ont eu jusqu’ici pour effet de conforter les acteurs du secteur dans leurs inquiétudes, de soutenir la dynamique spéculative et de maintenir les prix à terme à un niveau élevé. Mais avant d’avoir une idée plus claire de l’offre de 2015, le marché en sera quitte pour attendre la fin de la floraison et un bilan exhaustif des observations de terrain. Ce n’est probablement pas avant la mi-décembre, en effet, que l’on pourra quantifier l’élagage effectivement pratiqué, mesurer la fixation des fleurs, et obtenir ainsi une prévision réaliste de la récolte.

L’entame de la saison des pluies intervenue au Brésil à la fin octobre s’est traduite par une très large floraison. Mais le ralentissement de la croissance des plants et les autres conséquences négatives que la sécheresse avait engendrées avant cela ne manqueront pas d’affecter la production. Ces effets diffèrent grandement suivant les régions, et même suivant les exploitations, et il ne sera possible d’en mesurer l’impact sur la récolte de 2015 qu’une fois les études d’après floraison effectuées. Largement pratiqué, l’élagage aura lui aussi un impact substantiel sur le volume global de la récolte et, même si l’on ne connait pas encore son ampleur exacte, ce paramètre devra nécessairement être pris en compte au moment d’estimer la production à venir.

La récolte de 2014, que nous attendons toujours à 47 millions de sacs, marquera en 2014-2015 un déficit global de 6 millions de sacs d’arabica brésilien. Ce déficit d’offre sera néanmoins atténué par le large excédent des deux saisons précédentes, qui représente 11 millions de sacs. Les premiers stocks constitués sur la saison 2014-2015 ont déjà permis au Brésil de dérouler une campagne d’exportation sans précédent et continuent de peser sur les différentiels physiques. Si l’on considère les niveaux actuels des stocks sur les lieux d’origine et des stocks prêts à la consommation, il est fort probable que toute réduction de la récolte 2015 deviendra un réel problème sur les marchés physiques, mais pas avant la fin de 2015 ou le début de 2016.

Vietnam

L’observation de l’état des récoltes nous a conduits à réduire notre estimation de la production de 2014-2015 de 1,2 million de sacs, pour la situer à 27,4 millions. Après la récolte record de 2013, à 30 millions de sacs, la fatigue des arbres et l’impact accru de la maladie vont cette année faire baisser les rendements. La variabilité des conditions météorologiques qui a accompagné le développement des plants tout au long de la saison suscite par ailleurs des inquiétudes quant à la qualité. Cette faible récolte poursuit le modeste cycle haut/bas que l’on voit clairement s’imposer depuis quatre saisons.

La baisse de la récolte vietnamienne nous porte à estimer le déficit de robusta en 2014-2015 à 3 millions de sacs, soit le plus haut niveau jamais atteint depuis 2005-2006. Mais les premiers stocks constitués au Vietnam, historiquement importants (près de 5 millions de sacs), ouvriront la voie à une solide campagne d’exportation en 2014-2015 et, si l’on tient compte de l’augmentation des exportations de conillon brésilien, les stocks prêts à la consommation pourront rester inchangés au cours de la saison, en dépit dudit déficit.

La récolte vietnamienne en cours est  déjà réalisée à plus de 30 % et s’achèvera probablement au début janvier. Les exploitants du pays sont des vendeurs bien capitalisés et disciplinés. Avec une récolte plus faible, cette dynamique devrait perdurer sur l’ensemble de la saison. A moyen terme, les perspectives d’extension des surfaces caféières restent positives. Si le poivre reste un sérieux concurrent pour l’occupation de nouvelles terres, la faiblesse des prix du caoutchouc devrait néanmoins libérer des surfaces au bénéfice du café.

 
Pérou

La production péruvienne de 2014-2015 a été revue à la baisse à hauteur de 3 millions de sacs, pour une récolte qui devrait être la plus petite depuis 2007-2008. Les exportations réalisées sur la première moitié de saison ont atteint au total 1,4 million de sacs, ce qui marque un recul de 34 % par rapport à la saison précédente et place cette période à l’avant-dernier rang des récoltes de ces dix dernières années. Nous ne pensons pas que le deuxième semestre de l’année de commercialisation verra les expéditions augmenter sensiblement.

Amérique centrale

Un léger réajustement des prévisions de production 2014-2015 du Nicaragua et du Honduras nous a conduits à rehausser la récolte de la région de 200 000 sacs. Cette région continue à se remettre des effets de la roya, et sa récolte globale devrait être supérieure à celle de 2013-2014, tout en restant au-dessous de la moyenne sur cinq ans. Ce regain de production de l’Amérique centrale n’est cependant pas suffisant pour compenser la baisse de la récolte péruvienne.

Ethiopie

Nous avons porté notre précédente estimation de la production éthiopienne 2014-2015 à 4,9 millions de sacs, car l’état des cultures traduit une réelle relance. Le gouvernement et certains acteurs du marché local appellent une reprise encore plus forte de la production, mais la logistique du transport demeure un facteur limitant, pour les exportations éthiopiennes, et les évolutions incrémentielles de la récolte ne devraient pas se traduire par une augmentation de l’offre exportable, que nous situons à 3,4 millions de sacs par saison.

Colombie
La production colombienne attendue reste à 12 millions de sacs pour 2014-2015, contre 11,5 millions la saison précédente. Les exportations de 2013-2014 ont atteint 10,9 millions de sacs, soit le niveau le plus élevé depuis 2007-2008. Mais l’augmentation de la récolte nous donne à penser que les exportations de 2014-2015 atteindront 11,4 millions de sacs.

II. LA DEMANDE

Les chiffres globaux de la demande restent pratiquement inchangés par rapport à ceux que nous avancions dans notre point de septembre. Nous pensons que la consommation va rester stable, en Europe, et augmenter légèrement aux Amériques et en Afrique, et que l’Asie sera le principal catalyseur de la demande. L’augmentation des prix de détail aura en 2014-2015 un impact sur l’utilisation, mais l’incertitude qui plane sur l’offre de 2015 rend difficile toute tentative d’anticipation des implications de la demande. Pour l’heure, nous pensons que sur la saison prochaine le taux de croissance baissera très légèrement (2 %).

Nous avons rabaissé notre estimation de la demande d’arabica brésilien pour 2013-2014 et revu à la hausse le taux d’utilisation de l’arabica non brésilien. Pour cette même saison, notre estimation de la répartition entre les consommations d’arabica et de robusta n’a pas évolué depuis notre dernier point. Il est certain qu’il reste suffisamment d’arabica brésilien pour répondre à la demande de 2014-2015, mais nous supposons que le taux d’utilisation du Conillon, au Brésil, va augmenter, et que la nouvelle demande internationale dépendra de la tenue du robusta. C’est pourquoi nous prévoyons que l’utilisation de l’arabica brésilien ne progressera que de 1 % en 2014-2015, après une progression de 5 % enregistrée la saison précédente.

III. LES SOLDES ET LES STOCKS

Suite à l’évolution des prévisions de production, et surtout dans la perspective de la faible récolte vietnamienne, notre estimation du déficit de café en 2014-2015 pour le monde passe à 10 millions de sacs.

Le déficit d’arabica brésilien se réduit légèrement, sous l’effet de la réduction de la demande. Ce déficit fait suite à un excédent combiné de 13 millions de sacs enregistré sur les quatre saisons précédentes.

Les cafés doux sont à la baisse, car la récolte péruvienne est limitée et la demande progresse légèrement.

La baisse de la production vietnamienne et la stable augmentation de la demande devraient conduire le marché du robusta vers son plus grand déficit jamais observé depuis 2005-2006.

Le recul de la production brésilienne devrait réduire les stocks mondiaux de café en 2014-2015. En termes absolus, les niveaux de stock sur cette saison sont plus élevés que la moyenne des dix dernières années.

Toutefois, exprimée en ratio stocks/utilisation, la situation globale semble fondamentalement plus tendue. Le ratio approchera des records à la baisse (09/10) vers la fin de 2014-2015, d’où l’importance de la toute prochaine récolte brésilienne.

 
IV. TABLEAUX

 

IV. PRIX