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Rapport trimestriel – Fév 2015

I- PRODUCTION

La production mondiale de la saison 2014-2015 devrait être de 142,2 millions de sacs, soit un recul de 13,8 millions de sacs en année glissante. La régression de 9 % par rapport à 2013-2014 constitue la baisse annuelle la plus importante jamais enregistrée depuis 2003-2004. Pour notre première projection 2015-2016, nous attendons une remontée à 152,8 millions de sacs, soit une progression de 7 % qui, si elle se confirmait, représenterait la plus faible croissance annuelle – après un recul majeur – depuis la saison 1994-1995, qui avait été particulièrement marquée par le gel et la sécheresse.

fig 1 et 2

BRESIL

Nous maintenons qu’en 2015 le Brésil produira 49,5 millions de sacs de café. Pour autant, les conditions sèches et plus chaudes qu’à l’ordinaire qui ont prédominé en janvier dans les zones caféières du nord ne sont pas sans susciter certaines inquiétudes. La floraison tardive et les conditions météorologiques anormales de l’an passé nous imposent aujourd’hui de mener une étude exhaustive sur toutes les régions, en mars et avril, avant de revoir le cas échéant notre estimation du potentiel de rendement. Les régions où les incertitudes sont actuellement les plus grandes sont celles de Zona da Mata et Espírito Santo, qui sur les cinq dernières années ont représenté ensemble et en moyenne 25 % de la production d’arabica et n’ont bénéficié respectivement que de 5 et 17 % des précipitations moyennes de janvier. Les premières études ponctuelles de terrain ont néanmoins fait apparaître des résultats étonnement bons, dans la région de South Minas, où la qualité des soins apportés par les exploitants, rendue possible par la hausse des prix locaux, a contribué à atténuer les effets persistants de la sécheresse de 2014 et de la période sèche du début 2015.

Néanmoins, malgré l’amélioration des soins et le retour des pluies en février, il est manifeste que la plus faible croissance végétative de 2014 et le gros volume qu’a représenté la récolte de 2014 se ressentent nettement dans les rendements de 2015, avec une productivité de 13 % inférieure à ce que la tendance observée depuis 25 ans pouvait laisser entrevoir. La sécheresse de 2014 va conduire à des saisons successives où la productivité sera inférieure aux attentes initiales. Hors de la région de Zona da Mata, l’effort fourni par les exploitants sur les soins, doublé d’une meilleure humidité, est susceptible de confirmer le bon potentiel prévu pour la récolte 2016. Mais les pluies de février et mars seront déterminantes, tant pour la récolte de 2015 que pour celle de 2016.

fig 2 et 3

VIETNAM

Les perspectives entourant la récolte 2014-2015 ne varient pas, à 27,4 millions de sacs (26,2 millions pour le robusta), soit un recul de 9 % par rapport à la production record de 2013-2014. Considérant que les conditions météorologiques se situent dans la moyenne, et au vu de nos études de la production, nous attendons d’après notre première estimation une augmentation de 12 % pour 2015-2016, à 30,6 millions de sacs. Si ce chiffre se confirmait, il s’agirait à nouveau d’une récolte record. La récolte de robusta devrait pour sa part atteindre 29,3 millions de sacs, ce qui représenterait 42 % de la production mondiale de robusta pour 2015-2016. Par opposition à la forte croissance dont bénéficie la zone de culture de l’arabica, en particulier dans le nord du pays, en 2015-2016 la production d’arabica ne devrait progresser que de 4 %, car dans la plus grande partie de cette région les plants ne sont pas encore arrivés à maturité. Au-delà de 2015-2016, nous voyons a priori la production d’arabica atteindre 1,5 million de sacs au cours des trois prochaines années.

 Le total des exportations de 2014-2015 a atteint 7,7 millions de sacs (oct.-janv.), en hausse de 16 % par rapport à la même période la saison précédente, grâce notamment à un fort apport de la récolte de 2013-2014. Les chiffres de l’exportation devraient cependant être moins bons pour février, en raison du festival Têt, mais considérant la demande mondiale et la réduction attendue des exportations de conillon depuis le Brésil en 2015, nous prévoyons que les exportations vietnamiennes de 2014-2015 dépasseront le pic précédemment atteint en 2013-2014. Quoi qu’il en soit, la possibilité que les prix n’atteignent pas les niveaux escomptés ne manquera pas, si elle se réalise, de contrarier fortement les exploitants – qui sont aujourd’hui bien financés et détiennent encore en stock 60 % de la récolte 2014-2015.

fig 5 et 6

INDONESIE

Nous avons revu à la hausse le niveau de la récolte 2014-2015 (à 9,3 millions de sacs) et n’attendons qu’une faible progression pour 2015-2016 (10,9 millions de sacs). La période végétative a été très décevante, par ses conditions, et nous ne prévoyons pour la récolte de robusta qu’une augmentation de 16 % par rapport à la production déjà affaiblie de 2014-2015. Cette meilleure récolte indonésienne compensera néanmoins la diminution de la production de conillon en 2015 et permettra une progression à l’exportation.

fig 7 et 8

COLOMBIE

Les niveaux de stock et la performance à l’export nous ont conduits à revoir nos chiffres et prévisions historiques concernant la production colombienne. Notre estimation pour 2014-2015, à 12,5 millions de sacs, correspond à la plus grosse récolte depuis 2007-2008. L’augmentation du volume des récoltes enregistrée au cours de ces dernières années est pour le moins stupéfiante, et cette tendance devrait d’après nous se maintenir en 2015-2016. Notre première projection pour 2015-2016, située à 13,0 millions de sacs, soit la plus grosse récolte depuis 1992-1993, est fondée sur la bonne qualité de la floraison, dans les principales régions caféières, et sur l’hypothèse de conditions météorologiques avantageuses. L’amélioration des prix a elle aussi été bénéfique à la production ; la FNC a fait savoir que le prix intérieur restait en-deçà des pics atteints en 2011-2012, mais qu’il était en janvier de 101 % supérieur à son faible niveau de 2013, en monnaie locale.

L’augmentation de l’offre exportable colombienne a par ailleurs compensé la baisse des récoltes d’Amérique centrale. En 2014-2015, les exportations devraient augmenter de 3,6 millions de sacs par rapport à leur très faible niveau de 2011-2012 et ont déjà atteint 4,1 millions de sacs sur les quatre premiers mois. Enfin, d’après nos prévisions pour la production de 2015/16, la disponibilité à l’export atteindra 12 millions de sacs.

fig  9 et 10

AMERIQUES

Une tournée effectuée récemment au Pérou nous laisse entrevoir une progression modérée, en 2015-2016, tandis que le recul de l’offre intérieure nous a incités à rabaisser notre prévision pour 2014/15. De la même façon, le faible rythme des exportations, au plus bas depuis 2007-2008, nous a contraints à revoir nos perspectives pour 2014-2015 à la baisse, à 2,85 millions de sacs, pour une récolte 2015-2016 attendue dorénavant à 3,7 millions de sacs. Pour ce qui concerne l’Amérique centrale, nous avons réduit notre estimation de la production 2014-2015 de 0,5 million de sacs, à 15,5 millions, car les récoltes attendues au Guatemala et au Mexique ne devraient pas être à la hauteur des attentes. Pour la saison 2015-2016, la croissance substantielle prévue au Honduras, de même que d’autres améliorations observées du côté des rendements et des maladies du caféier, devrait se traduire par une progression de 9 % en année glissante. Il est cependant prématuré de s’attendre à un rétablissement complet, car la production prévue pour 2015-2016 plafonne toujours à 10 % au dessous du niveau de la récolte de 2011-2012.

fig 11 et 12

II- LA DEMANDE

La demande mondiale pour 2014-2015 est évaluée à 151,1 millions de sacs, en hausse de 2,1 % par rapport à la saison précédente. Au vu des données d’échange, à présent finalisées, nous abaissons notre estimation de la demande 2013-2014 de 0,4 million de sacs, pour la situer à présent à 148,0 millions de sacs. L’augmentation de la consommation apparente observée en Amérique du nord n’a pas suffi à contrebalancer la réduction enregistrée dans l’UE. Pour 2015-2016, nous faisons l’hypothèse d’une croissance de 2,0 % et d’une utilisation globale à 154,2 millions de sacs. L’augmentation de la demande trouve d’après nous son point central en Amérique du nord, pour l’arabica, et sur les marchés émergents d’Asie pour le robusta. Nos prévisions quant aux perspectives de croissance sur le long terme sont modestes, avec une progression mondiale sur 15 ans se situant en moyenne à 2,5 %, car les prix élevés pourraient entraver toute nouvelle progression sur l’année à venir.

fig 13 et 14

III. LES SOLDES ET LES STOCKS

Nous n’avons que légèrement abaissé notre estimation du déficit mondial pour 2014-2015, en raison de la meilleure tenue de l’offre colombienne. Ce déficit évalué à 8,9 millions de sacs demeure le plus important depuis 2005-2006, mais l’ensemble de ses effets ont été atténué par les excédents successifs de 2012-2013 et 2013-2014, qui représentent au total 16,2 millions de sacs. Notre projection initiale pour 2015-2016 correspond à un déficit de 1,4 million de sacs, car le recul enregistré sur la récolte brésilienne est relativement compensé par la production hors Brésil. En 2015-2016, la production hors Brésil devrait atteindre le chiffre record de 103 millions de sacs, et marquer du même coup une progression de 8 % par rapport à la saison précédente. Le haut niveau des exportations depuis le Brésil devrait nettement baisser, la saison prochaine, car les stocks d’origine se réduisent. Les stocks d’arabica brésilien prêts pour la consommation, qui ont dépassé les 2 millions de sacs sur les deux dernières saisons, devraient diminuer dans une proportion similaire en 2014-2015 et 2015-2016. A un déficit de 6,5 millions de sacs d’arabica brésilien en 2014-2015 succédera un déficit de 2,7 millions de sacs en 2015-2016, laissant l’origine sans beaucoup de stock de report.

fig 15 et 16

Pour le robusta, nous attendons sur 2015-2016 un nouveau déficit de 1,6 million de sacs, après le déficit de 2,6 millions de 2014-2015. Certes, l’augmentation de la production vietnamienne et la remontée observée en Indonésie viendront soutenir l’offre globale, mais le recul de la récolte de conillon brésilien et l’augmentation de l’utilisation mondiale conduiront à une réduction des stocks. Depuis la récolte de 2013-2014, les stocks vietnamiens étaient restés très volumineux, mais ils devraient accuser une réduction de 22 % en 2014-2015 et de 24 % en 2015-2016.

 L’augmentation de la production colombienne, une faible remontée en Amérique centrale et l’abondance des stocks prêts à la consommation laissent présager un excédent d’offre d’arabica doux pour 2015/16. Par opposition, l’offre brésilienne devrait dans l’ensemble rester faible, en 2015-2016, car la récolte, moins bonne que précédemment, sera pondérée par un report nettement plus faible. La demande va probablement s’orienter vers les cafés doux, une fois que les stocks d’arabica brésilien auront diminué. Si nos projections pour la récolte 2015-2016 devaient se réaliser, la production d’arabica hors Brésil progressera de 17 %, pour atteindre son plus haut niveau depuis 2007-2008.

fig 17 et 18

La forte réduction des stocks observée en 2014-2015 sera suivie, en 2015-2016, d’un prélèvement sur stock plus modeste. Au total, les saisons déficitaires de 2014-2015 et 2015-2016 effaceront 10,3 millions de sacs de stocks, après que les saisons excédentaires de 2012-2013 et 2013-2014 avaient ajouté 16,2 millions de sacs. La demande mondiale se situe néanmoins aujourd’hui à 9 millions de sacs de plus par saison qu’en 2012-2013. En termes de ratio stocks/utilisation, notre projection 2015-2016 pour le volume global de café en fin de saison est la plus basse jamais formulée depuis 2011-2012, et n’est supérieure que de 8 % au niveau le plus bas jamais atteint depuis 15 ans, en 2009-2010. Toute nouvelle diminution de nos projections pour 2015-2016 – encore possible car les nombreux mois qui restent pourraient voir survenir des aléas climatiques – signifierait que les stocks mondiaux pourraient chuter dans des proportions sans précédent. Les stocks seront certainement bas, en 2015-2016, mais si les récoltes devaient atteindre tout leur potentiel, l’offre de café sera suffisante pour nous amener jusqu’à 2016-2017, et pourra permettre alors de réapprovisionner les stocks.

fig 19 et 20

IV- TABLEAUX

 tab 1 et 2tab 2 et 3tab 3 et 4

V. PRICES

graph 1graph 2graph 3