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LA FLORAISON DU CAFEIER – Sept 2014

Dans l’hémisphère sud, et notamment au Brésil, le caféier entame ordinairement sa floraison entre les mois d’août et d’octobre. Par opposition, dans l’hémisphère nord – par exemple en Amérique centrale, les fleurs apparaissent entre janvier et mars. La qualité de la floraison, qui sera déterminante pour le rendement de la récolte, exige des conditions climatiques particulières. La bonne maturation physiologique des boutons floraux passe en effet par la conjugaison harmonieuse d’un déficit hydrique, de températures minimales et d’un ensoleillement suffisant. Pour l’arabica, il faut habituellement de 8 à 9 mois, après la floraison, pour voir apparaître le fruit, contre 10 à 11 mois pour le robusta.

 

La floraison est l’une des phases les plus importantes du cycle de croissance du café. C’est aussi un facteur déterminant pour le rendement final des récoltes. C’est pourquoi il nous a semblé intéressant, au moment où le Brésil entre dans cette phase très attendue, pour la récolte 2015-2016, de revenir sur le déroulement de ce processus biologique. Cet article en rappelle les différentes étapes et décrit les conditions nutritionnelles et climatiques qui sont nécessaires au bon amorçage de la floraison.

Gilmar Lobo,
Directeur de filiale et de recherche, Brésil

 

 

CONDITIONS NECESSAIRES A LA FORMATION DES BOURGEONS

Sur une branche de caféier, chaque pousse porte un certain nombre de bourgeons, lesquels ne se reproduisent qu’une seule fois. Si la nutrition et l’élagage (nécessaires à la bonne gestion du tissu) ne sont pas satisfaisants, la production sera irrégulière et diminuera continuellement. La nutrition et l’élagage contribuent tous deux à la génération du nouveau tissu végétal indispensable aux futures récoltes.
Le bourgeonnement des caféiers ne peut s’amorcer si la température est inférieure à 18 °C. Il arrive parfois que de brusques changements de température accélèrent ce processus. Le sevrage en eau constitue aussi une condition nécessaire. Il faut en effet au moins 30 jours de grand déficit d’humidité. Néanmoins, si le déficit hydrique déclenche le développement des boutons floraux, il faut aussi une pluviosité modérée, pour garantir le bon développement des bourgeons, la bonne accroche des fruits, le remplissage du fruit et la croissance d’un nouveau tissu pour la phase de production suivante. Le sevrage en eau est donc nécessaire, on le voit, pour déclencher l’apparition du bouton floral, mais l’humidité doit par ailleurs être suffisante, pour que le caféier reste bien nourri.

Il est également important, pendant la formation des bourgeons, que le déficit d’ensoleillement journalier n’excède pas 7,5 heures. Dans les tropiques, les journées courtes favorisent la productivité des bourgeons, tandis que l’allongement des journées stimule l’ouverture des fleurs. Enfin, l’azote et le phosphore sont des substances nutritives essentielles au développement du caféier. Si leur apport est bien assuré, ils peuvent favoriser la croissance et la coloration et augmenter le rendement, tout en stimulant le développement des racines et la floraison.

1ère PHASE FORMATION DES BOURGEONS

 Entre mars et août (dans l’hémisphère sud) ou entre octobre et février (dans l’hémisphère nord), les bourgeons commencent à se transformer en bourgeons productifs ou en bourgeons foliaires. Chaque pousse portée par la branche du caféier comporte cinq aisselles, et chaque aisselle comporte cinq bourgeons (suivant les caractéristiques génétiques ou l’espèce du caféier). Les 25 bourgeons (ou davantage) de chaque pousse deviendront des bourgeons foliaires ou productifs, en fonction des conditions climatiques.

Idéalement, les bourgeons se transforment en boutons productifs (fig. 2), moment où les fleurs se forment, avant de se transformer en cerises de café. Ce processus nécessite un bon équilibre nutritionnel, une bonne pluviosité et un ensoleillement suffisant. Mais si une sécheresse se produit à ce stade, les bourgeons deviennent des bourgeons  foliaires, ce qui n’est pas l’objectif. Ce phénomène favorise la croissance végétative, laquelle a immédiatement pour effet de réduire la capacité de production et empêche les bourgeons de se transformer en fleurs (fig. 3).

 

2ème PHASE DEVELOPPEMENT DES BOUTONS FLORAUX

La saison des pluies favorise la croissance de la plante et le développement et le mûrissement du fruit, qui intervient de mars à mai, dans l’hémisphère sud, et d’octobre à décembre dans l’hémisphère nord. A ce deuxième stade de la floraison, les boutons floraux déjà formés commencent à se développer, à temps pour la prochaine récolte. Le nombre de boutons floraux dépend de la préparation ou du nouveau tissu généré par la plante. L’équilibre nutritionnel du caféier et le degré de pluviosité jouent ici un rôle très important.

Pendant les derniers mois de cette phase, les précipitations comment en effet à diminuer, pour laisser place à des périodes sèches qui concourent au déclenchement de la floraison. Les bourgeons seront formés et resteront « sensibles », en raison de la sécheresse.

 

LES PHASES DE DEVELOPPMENT DU CAFE

 3ème PHASE
STIMULATION DES FLEURS

 De juin à septembre (dans l’hémisphère sud) ou de janvier à avril (dans l’hémisphère nord), la diminution des précipitations permet le nécessaire sevrage en eau. Il faut en effet au caféier une période de stress hydrique pour stimuler la formation de ses fleurs à partir des bourgeons. Certaines des meilleures floraisons se produisent pendant la saison sèche, c’est-à-dire aux moments où surviennent des périodes de sécheresse de 30 à 50 jours, suivies de précipitations de plus de 100 mm. Parallèlement toutefois, si la sécheresse perdure plus de 60 jours, les boutons floraux matures finissent par brûler et sont perdus. Pour permettre la poursuite d’une bonne floraison, vers la phase suivante, les boutons doivent être matures.

4ème PHASE
PASSAGE DE LA FLEUR AU FRUIT MUR

Après la période sèche, le début de la saison des pluies facilite le déclenchement de la phase finale de la floraison, c’est-à-dire la transformation de la fleur en fruit mûr. Pour permettre une bonne accroche du fruit et le bon développement du grain, les régions productrices ne disposent au maximum que de 60 jours sans pluie, après la phase de floraison. S’il en était autrement, un fort pourcentage de la floraison serait perdu, car beaucoup de fruits verraient leur maturation s’interrompre, ou ne se rempliraient pas suffisamment, ou bien les grains noirciraient par excès de sécheresse.

CONCLUSION

En résumé, une bonne floraison ne peut se faire que lorsque les bonnes conditions sont réunies : glissement de la pousse vers des bourgeons productifs, bon sevrage hydrique, juste dosage d’ensoleillement et de précipitations et excellent équilibre nutritionnel. Seules ces conditions permettront au caféier d’atteindre sa pleine capacité de production, nécessaire à l’obtention de fruits mûrs. Ajoutées à une bonne assistance agronomique et à de bonnes conditions météorologiques, elles permettront au caféier de former de bonnes graines de café.